Mon nouveau job d'ouvreuse au théâtre du Rond-Point, me permet de voir des quantités de spectacles. Et rien que pour ça, je trouve que c'est le meilleur petit boulot du monde.
Je ne parlerais que des spectacles que j'ai aimé. Ce blog n'étant pas fait pour taper sur tel ou tel autre mais pour tenter de vous communiquer mon enthousiasme.
L'heureux élu s'appelle aujourd'hui "La divine miss V". de Marc Hampton et Mary Louise Wilson.
Prévu pour s'arrêter cette semaine, le spectacle est finalement prolongé jusqu'au 2 novembre, succès oblige. Ce qui me permet d'en parler en mesure.
"La Divine Miss V" met en scène Diana Vreeland, ancienne rédactrice en chef du magazine Vogue aux États-Unis et magnifiquement interprétée par Claire Nadeau.
Tout juste rentrée d'un voyage de quatre mois improvisé en Europe après son éviction inattendue de la maison Vogue, Diana Vreeland remet le pied à l'étrier.
Femme de tête, réputée pour être une personnalité (trop) forte, intransigeante, à la limite de la cruauté gratuite, Diana Vreeland apparaît ici sous un jour tout différent. Fière, élégante,
cultivée, elle se lance dans une sorte de discussion avec elle même, prenant tout du long le public à témoin, invoquant le passé pour mieux combattre le présent. Elle raconte. Sa vie, ses
souvenirs, son mari, son goût, bon ou mauvais, son premier boulot, sa réputation, sa famille, la danse, l'amour, les couleurs, l'histoire, la chute, les rêves, l'avenir... Le tout entrecoupé de
coups de fil aux invités du soir, aux amis, à sa famille et de conversations éphémères, via une sorte d'interphone quelque peu désuet, avec sa secrétaire allemande, lassée des divagations et des
exigences de sa patronne désargentée.
La mise en scène simple et efficace de Jean-Paul Muel, le décors chaud et intime, le jeu sobre et piquant de Claire Nadeau font de cette pièce un petit bijou. On n'y va pas pour se faire
raconter une histoire qui commencerait par A et se conclurait par Z. On y va pour rencontrer une personnalité étonnante, attachante malgré ou peut être grâce à ses défauts. Une femme esquissée par
petites touches à travers ses centaines de souvenirs, ses mots choisis, ses idées plus ou moins reçues, ses volontés avant-gardistes, ses envies décalées...
"L'important, c'est le style !" nous dit Diana V. Elle serait fière de Claire Nadeau !
Patati et patata